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Les monuments aux morts sont réellement "nés" avec la Grande Guerre: auparavant (guerre de 1870), faute de moyens d'identification des combattants, il y eut peu de monuments : juste quelques "carrés" dans les cimetières.

Conséquence de la loi de séparation de 1905 entre l’Église et de l’État, deux types de monuments aux morts furent érigés dans de nombreuses communes dans les années d’après- guerre : monuments communal et paroissial. Commune et paroisse ayant souvent été en conflit à cette période, on peut constater des omissions de quelques noms sur l'un ou l'autre des monuments civil ou religieux de la même commune.

Les réconciliations entre la commune et la paroisse interviennent plus tard: le monument de St Maurice s/Huisne en porte la trace. Le monument de Maison-Maugis, qui a sans doute été déplacé plus tard de l’église vers les abords de la mairie, en est également le symbole.

Lors de la mobilisation de la Grande Guerre, la société française a vu revenir les religieux qu’elle avait expulsés du pays après 1905 : ils se sont mis au service des soldats. Les prêtres diocésains ont répondu à l’appel, ont combattu et soutenu les combattants, quelle que soit leur appartenance religieuse.

La fraternité des tranchées a provoqué une mutation des mentalités dans un respect mutuel. Un rapprochement de l’Eglise et de la Nation a pu avoir lieu.

Les monuments aux morts de nos églises sont le signe de l’adhésion de l’Eglise aux engagements de la III è république: les drapeaux bleu blanc rouge sont mêlés à la croix à Bellou s/Huisne, Bretoncelles, et Moutiers au Perche ; un aumônier donne l’absolution à un mourant à Coulonges les Sablons ; un prêtre est devant un monument portant croix et drapeau à Dorceau.

Les grandes figures patriotiques qui ont lutté contre un envahisseur sont également là: représentations en relief de Vercingétorix à Bretoncelles et à Coulonges, ou de Jeanne d’Arc en armure dominant les stèles funéraires de la Madeleine-Bouvet et de Moutiers, ou en bas relief à Boissy- Maugis. Il faut rappeler que Jeanne d’Arc, béatifiée en 1909, a été canonisée en 1920.

Le monument qui figure dans une église dépasse donc largement le lieu de souvenir.

Vitrail de Rémalard et monument de La Madeleine BouvetVitrail de Rémalard et monument de La Madeleine Bouvet

Vitrail de Rémalard et monument de La Madeleine Bouvet

Tag(s) : #Grande guerre, #église du perche, #vitraux, #Jeanne d'Arc, #monuments aux morts